La reconquête de la Seine

Les Jeux Olympiques et Paralympiques ont magnifié la Seine dans son lien esthétique et historique avec Paris. Et pourtant le fleuve a été négligé pendant de trop longues années, réduit à un seul usage industriel et longé par des autoroutes urbaines qui empêchaient tout lien et toute appropriation par les Parisiens.

 

La reconquête de la Seine est l’un des fils rouges des mandats d’Anne HIDALGO. Trop souvent réduite par l’angle de la baignade à nouveau autorisée, l’ambition concerne en fait toutes les dimensions du fleuve : le patrimoine, l’écologie, l’économie responsable, les nouveaux usages urbains…

Dans ce vaste chantier, mené en responsabilité par les Adjoint-e-s de la Maire, le Groupe a pris pleinement sa place en s’investissant notamment dans un travail de fond – salué de manière transpartisane – dressant à la fois un état des lieux et un programme : le Rapport La Seine, présenté en Conseil de Paris à l’été 2021.

 

Avant la baignade, 10 ans de travail pour un objectif de transition écologique

« J’irai me baigner dans la Seine devant témoins pour prouver qu’elle est devenue propre » : cette promesse de Jacques Chirac lancée en 1988 était restée lettre morte. Quatre décennies plus tard, le vaste chantier lancé en 2016 pour dépolluer la Seine et la Marne a permis de tenir enfin parole face aux Parisien•ne•s.

Sous l’impulsion de la Ville de Paris, toutes les instances compétentes ― Préfecture de région, Métropole du Grand Paris… ― se sont mises autour de la table pour engager des travaux à hauteur de 1,1 milliard d’euros, dont 700 millions par l’État.
Dans cette opération, Anne HIDALGO a su faire levier des Jeux Olympiques et Paralympiques, de leur pouvoir mobilisateur et accélérateur.

Le calendrier a été tenu : à la veille des JO, la qualité retrouvée de l’eau – attestée par le dispositif de surveillance mis en place avec l’Etat et les Agences Régionales de Santé – a autorisé à nouveau la baignade dans la Seine près de 100 ans après son interdiction.

Dans la foulée des athlètes, à l’été 2025, 100 000 Parisien.ne.s sont, à leur tour, venus balayer les doutes émis sur ce pari audacieux en s’adonnant à la baignade urbaine dans l’un des 3 sites ouverts et aménagés : Bercy (passerelle Simone-de-Beauvoir), Bras Marie (près du pont Sully- Morland) et Bras de Grenelle (pont de Bir-Hakeim).

Cela a été possible notamment grâce à la modernisation du réseau d’égouts parisiens, en particulier avec la construction du bassin d’Austerlitz, et à l’engagement des agents du service public de l’assainissement, rappelle Antoine GUILLOU.

Mais ce pari tenu doit être remis à sa juste place : refaire de la Seine un fleuve vivant est, également, un enjeu de transition écologique, un objectif de réconciliation entre la Ville, son écosystème et ses habitants. La baignade retrouvée en est le marqueur, mais l’ambition est plus large.

Depuis Paris Plages, première pierre symbolique posée en 2002, l’ouverture aux piétons et cyclistes des voies sur berges rive gauche en 2013, puis rive droite en 2016, l’objectif reste le même :

 

« Les investissements vont bien au-delà des 3 sites de baignade autorisée, on parle là d’un impact environnemental majeur et durable ! »

Pierre RABADAN, – Conseil de Paris le 19 novembre 2025

 

Au Conseil de Paris de novembre 2025, Pierre RABADAN resitue l’enjeu en présentant le « Rapport d’observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes sur la baignabilité de la Seine » :


Pierre RABADAN – Rapport d’observations définitives de la CRC sur la baignabilité de la Seine

 

Le Rapport La Seine, un travail collectif qui fait date

Les Missions d’Information et d’Évaluation (MIE) permettent aux élus parisiens d’évaluer les politiques déployées au service des usagers afin de s’assurer de leur pertinence et de leur efficacité.

Elles sont pluralistes, accompagnées par l’expertise de l’administration et peuvent solliciter l’avis de toute personne utile à son travail.

En juillet 2021, une MIE dédiée à la Seine est constituée dans laquelle le Groupe PEC s’investit fortement : Thomas CHEVANDIER au titre de Rapporteur et Maya AKKARI, Jérôme COUMET, Ariel WEIL comme membres actifs.

Au terme de 6 mois de travaux, les jalons sont posés :

  • Consolider la protection patrimoniale des berges inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO;
  • Mixer les usages industriels, culturels, sportifs et d’agrément ;
  • Viser une continuité piétonne et cyclable sur ses deux rives ;
  • Poursuivre la restauration de la biodiversité et de la qualité de l’eau ;
  • Réinvestir la logistique fluviale dans une logique écologique d’alternative à la route.

 

« La Seine est un élément d’une beauté exceptionnelle du patrimoine parisien, à la fois vivant, environnemental et esthétique de Paris »

Karen TAIEB, Adjointe en charge du patrimoine et de l’histoire de Paris
Auditionnée par la MIE.

 

En sa qualité d’Adjointe à l’environnement, Célia BLAUEL a présenté le Rapport de la MIE lors du Conseil de Paris du 8 juillet 2021 :


Célia BLAUEL – Conseil de Paris 8 juillet 2021

 

Réformer la gouvernance du fleuve pour en faire un Bien Commun

Cette MIE La Seine a eu le mérite de poser la question centrale de la gouvernance du fleuve : les institutions, les gestionnaires satellites et les autorités diverses forment un millefeuille baroque, inefficace et peu lisible pour les citoyens.
Ce chantier a été repris par la Ville sous deux angles :

  • Avec la création d’une Convention citoyenne sur les droits de la Seine. Cette assemblée inédite, composée d’un panel représentatif de 50 Parisiennes et Parisiens formule des recommandations qu’il revient à la Ville de mettre en œuvre ;
  • En dotant le fleuve d’une personnalité juridique, pour inscrire la protection de son écosystème dans le mouvement mondial des Biens Communs.

Dans sa présentation du rapport, Thomas CHEVANDIER note que ce haut régime de protection se concilie avec une poursuite des activités économiques et de fret : le fleuve est une alternative à la route pour une logistique bas carbone.


Thomas CHEVANDIER – Présentation Rapport MIE

 

Soutenir des filières agricoles et alimentaires le long du fleuve

La Seine doit devenir nourricière : un ambitieux programme se développe sous la conduite d’Audrey PULVAR.
Ces actions se déclinent à travers le Plan Alimentation Durable, le projet Seine nourricière et AgriParis Seine, une association de collectivités et d’acteurs locaux engagés dans l’agriculture durable.
Ensemble, ils poursuivent les mêmes objectifs :

  • Structurer des filières agroécologiques le long du bassin de la Seine ;
  • Développer une logistique alimentaire bas carbone ;
  • Nourrir Paris via des circuits courts, de proximité et responsables ;
  • Atteindre les objectifs fixés pour les cantines parisiennes : 100 % d’alimentation durable, dont 50 % d’alimentation issue de filières situées dans un rayon de moins de 250 kilomètres de Paris, et 75 % d’alimentation issue de l’agriculture biologique.

On mesure l’ambition en précisant que Paris sert chaque année 30 millions de repas dans les 1 300 restaurants collectifs municipaux.

 

Patrimoine, mobilités douces, biodiversité, nouveaux usages, économie responsable… la reconquête de la Seine aura été l’une des grandes priorités de la municipalité d’Anne Hidalgo. La dynamique enclenchée emporte une vision et un horizon d’engagements et de coopérations pour de longues années encore.

 

 

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