Historiquement, le pouvoir central s’est toujours méfié de Paris, Ville frondeuse. Sa mise sous tutelle royale et préfectorale n’a pris fin qu’en 1975, avec le rétablissement de la fonction de « Maire de Paris » qui n’avait existé que quelques années dans l’élan révolutionnaire. Mais amputée du pouvoir de police. Cette anomalie démocratique a pris fin en 2021 par un vote du Conseil de Paris.
La bataille politique – menée sur deux fronts, parisien et parlementaire – fut longue pour tenir l’engagement pris par la Maire devant les parisiens. Avec leur connaissance du terrain et leur légitimité d’élus de proximité, les Maires d’arrondissement du Groupe ont joué un rôle particulier dans cette avancée démocratique.
Les jalons posés dans la 1ère mandature de Anne Hidalgo
Il serait faux de dire que le Groupe a immédiatement été unanime sur la question. Les débats internes ont été menés lors de la première mandature d’Anne Hidalgo.
Il revient alors à Colombe Brossel, Adjointe à la sécurité, d’avoir posé sur des bases pragmatiques les premiers jalons d’une réforme : un audit de la sécurité à Paris, la création d’une Brigade des incivilités avec un statut unifié des agents en charge des missions de sécurité et de surveillance, puis en 2018 le transfert à la Ville de près de 2000 agents de la Préfecture de Police.
Le rôle décisif des Maires d’arrondissement du Groupe
Au sein du Groupe, les Maires d’arrondissement ont joué un rôle tout particulier. Fort de leur ancrage respectif, au plus près du tissu social parisien, ils ont porté le débat.
Alexandra CORDEBARD, Jérôme COUMET, François DAGNAUD, Rémi FERAUD, Eric LEJOINDRE, Eric PLIEZ, François VAUGLIN, Ariel WEIL ont informé le Groupe et le Conseil de Paris de l’évolution des incivilités, marquant l’attente des parisiens d’une meilleure pacification de la nuit et de certains quartiers en complément de la Police Nationale.
Ils ont pleinement joué leur rôle pour relayer les attentes des habitants en matière de sécurité et de tranquillité publique.
Deux années de bataille parlementaire
En 2020, le débat autour de la « police de proximité » – instaurée par Lionel Jospin et démantelée par Nicolas Sarkozy – est tranché dans l’opinion.
L’accord massif des Parisiens, attesté par les sondages, la portée traumatique des attentats de 2015 dans les rues de Paris et les avancées de la concertation avec la Préfecture de Police appelaient la création d’une Police municipale.
Cela n’empêchera cependant pas des manœuvres du Gouvernement retardant au mois d’avril 2021, l’adoption d’un article de loi dite « Sécurité Globale » qui autorise enfin la création d’une police parisienne.
Le travail des parlementaires, et notamment de Marie-Pierre de LA GONTRIE au Sénat, ouvrait enfin la voie à la mise en acte de la promesse faite aux Parisiens par la Maire de Paris.
Le vote historique du 2 juin 2021
Dans une séance inédite du Conseil de Paris – une assemblée découplée en Salle des Fêtes en raison des mesures d’éloignement du COVID – la Ville rejoignait enfin le droit commun des municipalités françaises.
L’introduction au vote faite par la Maire de Paris
« Paris la rebelle, Paris punie après la Commune, peut enfin disposer d’une force de police et prendre sa part au continuum de sécurité »
Nicolas NORDMAN – Conseil de Paris du 2 juin 2021
Ce vote a été permis par le travail opiniâtre de Nicolas NORDMAN – prenant le relais de Colombe BROSSEL au titre d’Adjoint à la sécurité – qui a mené ce chantier politique et administratif complexe.
Le mérite lui revient d’avoir menée la concertation avec la Préfecture de Police et d’avoir su articuler les bons principes :
- Le respect des attributions spécifiques de la Police Nationale ;
- La polyvalence des agents de police municipale dans toutes les tâches de surveillance, de tranquillité publique et de lutte contre les incivilités ;
- Un socle de valeurs garanti par une école parisienne des métiers de la sécurité – avec une formation spécifique à la lutte contre les discriminations, les violences sexistes et le harcèlement de rue – et par l’instauration d’un Comité d’éthique indépendant ;
- Un lien structurel avec la proximité et les maires d’arrondissement.
Ce dernier point est décisif, comme l’ont souvent rappelé les Maires d’arrondissement du Groupe : la proximité est la bonne échelle pour réguler les conflits d’usage, les nuisances du quotidien et pour prioriser au plus près du terrain les missions des agents.
Après ce vote, Jean-Philippe DAVIAUD s’est mobilisé dans la procédure de recrutement et la constitution de ce nouveau corps d’agents.
Un nouveau service public municipal de 4000 agents assermentés
Forte de 4000 agents – soit la plus grande de France – la Police parisienne intervient aujourd’hui 24h/24h, avec une présence renforcée la nuit, ce point mort de nombreuses politiques publiques.
L’accueil de M. Patrice FAURE, nouveau Préfet de Police lors du CP de novembre 2025, était l’occasion – 4 ans jour pour jour après sa création – de faire un bilan d’étape.
Dans la foulée des JO, qui ont été une réussite sécuritaire du continuum Ville et Préfecture de Police, Anne HIDALGO et Nicolas NORDMAN ont pu marquer l’apport de ce nouveau service public à la tranquillité publique parisienne :
Bilan d’étape par Nicolas NORDMAN et Anne HIDALGO – Conseil de Paris du 19 novembre 2025
