La « révolution des mobilités »

©Joséphine Brueder/Ville de Paris

Réduire la place abusive prise par la voiture, mieux respirer, faire une place aux vélos, partager et tranquilliser l’espace public…
Les parisiens avaient tranché le débat dès 2001. Ils ont confirmé leurs aspirations avec les deux élections d’Anne HIDALGO en choisissant un programme assumé de « sortie du tout voiture ».

 

Et pourtant… La bataille politique en Conseil de Paris et dans les médias fut rude.
Piétonnisation des voies sur berges, limitation du stationnement en surface, Plans vélo, limitation de la vitesse… Chaque avancée vers le choix démocratique des parisiens s’est vu opposer les atermoiements, les tentatives de blocages et les sarcasmes de l’opposition.
Avant – selon un scénario qui s’est répété durant deux mandatures – que les éclats de voix ne cessent devant l’appropriation par les parisiens de chaque étape de cette transformation des mobilités dans Paris.

 

Face aux postures, le Groupe a pleinement joué son rôle : rappeler inlassablement les fondamentaux – la surmortalité due à la pollution, l’emprise abusive de la voiture dans la ville, l’aspiration des parisiens à changer de modèle – en refusant de laisser l’enjeu des mobilités douces à la caricature.
Retour sur quelques temps forts de cette bataille politique au long cours…

 

Le pari gagné du vélo

 

« Avant la généralisation des pistes cyclables, il faut se souvenir…
Il fallait être militant pour circuler à vélo dans Paris… les vélos étaient poussés vers les bas-côtés, ils évoluaient péniblement dans les pots d’échappement… »

Anne HIDALGO, « Respirer », éditions de l’Observatoire, 2018

 

Lorsque Florian SITBON intervient en novembre 2021 pour défendre le Plan Vélo 2021-2026, il peut à bon droit moquer la conversion soudaine de l’opposition.
En effet, après avoir mobilisé les gouvernements amis pour bloquer les aménagements, après avoir freiné la réalisation des pistes dans les arrondissements dont elle avait la charge, l’opposition au Conseil de Paris tente alors maladroitement de voler au secours du succès…
Par étapes, le réseau cyclables vient d’atteindre les 1000 kilomètres de pistes.
Après les travaux du premier Plan Vélo et les inévitables mécontentements suscités, au moment de cette intervention de Florian SITBON, les parisiens ont choisi : la part du vélo dans les déplacements est en croissance continue. Elle dépassera historiquement la voiture en 2023.

 

« Il ne s’agit pas comme on l’entend de manière caricaturale de forcer tout le monde à rouler en vélo, mais de permettre à celles et ceux qui peuvent et veulent passer au vélo de le faire »

Florian SITBON – Conseil de Paris du 18 novembre 2021

 


Florian SITBON – Conseil de Paris du 18 novembre 2021 – « Paris 100% cyclable » – Plan vélo 2021-2026

Le Plan Vélo sera adopté lors de cette séance en présence de nombreuses associations engagées dans son élaboration.
Depuis, la Maire de Paris a su faire levier des Jeux Olympiques pour atteindre aujourd’hui près de 1600 kilomètres de pistes.
Soit, rapporté à la superficie de Paris, l’un des plus grands réseaux cyclables européens.

 

La libération de la moitié des places de stationnement

Pour construire ce réseau, il a bien sûr fallu libérer de l’espace.
Là encore, avant que la réduction du trafic et de l’usage de la voiture ne soit effective, les mécontentements furent nombreux.
Il fallait tenir, et le cap a été porté et assumé par le Groupe en Conseil de Paris.
Comme l’illustre l’intervention de Lamia EL AARAJE lors du Bilan des états généraux du stationnement :

 

« La rue n’est pas, et ne doit pas être un alignement monotone de façades, d’un étroit trottoir, de places de stationnement et de chaussée.
Libérer la moitié des places de stationnement, permettra, selon les besoins des riverains de végétaliser, d’élargir le trottoir, de créer une piste cyclable… »

Lamia EL AARAJE – Conseil de Paris du 6 juillet 2021

 

En début de mandature – rappelant les engagements de campagne et la surmortalité due à la pollution établie à 5000 personnes par an à Paris – Lamia EL AARAJE a justifié les nouvelles politiques municipales du stationnement, notamment en direction des deux-roues motorisés :


Lamia EL AARAJE – Conseil de Paris du 6 juillet 2021 – Bilan des états généraux du stationnement

 

Priorité aux piétons          

Avec la reconquête des voies sur berges – rive gauche en 2013, puis rive droite en 2017 – la création des « rues aux écoles » a marqué une nouvelle étape de la priorité donnée au piéton.
Inspiré d’exemples belges et italiens, la Ville a lancé à la rentrée 2020 un programme emblématique : fermer aux voitures les rues d’accès aux écoles, les réserver aux enfants et à leur sécurité, aux vélos et aux piétons.
Ce sont aujourd’hui plus de 200 rues arborées et végétalisées, approuvées selon un sondage de l’UNICEF par plus de 87% des parents d’élèves.
Et pourtant…
Ce programme même a été moqué et freiné par l’opposition municipale dans les arrondissements dont elle avait la charge.
Florian SITBON a porté à nouveau la parole du Groupe face à ce positionnement d’arrière-garde sur le Plan d’actions 2023-2030 « Paris : priorité Piéton ! » :


Florian SITBON – Conseil de Paris du 13 décembre 2023

 

Paris avance, la Région freine…

Cette même année 2023, la Cour Régionale des Comptes, dans sa mission de contrôle, prenait acte « des réalisations indéniables » de la Ville.
Dans son Rapport – La politique parisienne des mobilités, un nouveau partage de l’espace public – elle notait que :

 

« La diminution de l’usage de la voiture se poursuit : la marche et l’usage des transports en commun, modes de déplacement majoritaires à Paris, voient leurs parts modales continuer de se renforcer. L’usage du vélo a fortement augmenté. Le réseau des piste cyclables a été étendu de près de 43% »

Rapport de la Cour Régionale des Comptes
« Politique des mobilités de la Ville de Paris de 2015 à 2022 »

 

Dans le même temps, en écho à l’opposition municipale, la Région Île-de-France freinait la transformation à l’œuvre.
Or à l’échelle de la métropole, la compétence des transports est pour partie partagée. L’offre de bus et de métro, leur gestion et la fixation des tarifs notamment sont du ressort de la Région île-de-France.
En examinant le Plan des Mobilités de la Région Ile de France – le document cadre de sa politique des mobilités – Jean-Philippe DAVIAUD pointait en 2024 l’absence de toute action visant à réduire la place de l’automobile.
Et le refus manifeste de la Région d’articuler sa politique avec celle menée par la Ville : 


Jean-Philippe DAVIAUD – Conseil de Paris du 22 novembre 2024

L’augmentation unilatérale du Passe Navigo, et le doublement des tarifs pendant les JO – décorrélés de toute amélioration du service – sont venus confirmer que la Région refusait de soutenir la politique parisienne des transports en commun.

 

Respirer, la bataille de la pollution de l’air

Il faut se souvenir que la mandature a commencé par un combat juridique : la dénonciation par Anne HIDALGO, devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, du « droit à polluer » accordé par la Commission aux constructeurs automobiles…
Aujourd’hui, les résultats attestés par les organismes sanitaires indépendants sont là : la « révolution des mobilités » et les actions de transition écologique ont fait baisser la pollution de l’air de 15% depuis 2015.
La limitation de la vitesse est un levier direct de réduction de la pollution et ses conséquences sanitaires.
Depuis octobre 2024, la vitesse maximale a été abaissé à 50 km/h sur le périphérique, dernière autoroute urbaine à ceinturer Paris.
Outre une réduction de l’accidentologie, la mesure a permis une diminution significative du dioxyde d’azote et de la pollution sonore infligée aux riverains.

 

De nouvelles mobilités pour tous : le souci inclusif

Le rééquilibrage de l’espace public et la promotion des mobilités douces participe du même élan que l’attention particulière aux personnes âgées ou en situation de handicap : le projet d’une ville mieux partagée et plus bienveillante.
La question de l’accessibilité de la Ville pour toutes et tous fut la responsabilité assumée au titre d’Adjoint par Jacques GALVANI, avant qu’il ne transmette cette responsabilité à Lamia EL AARAJE.
En mai 2024, Jérôme COUMET a défendu avec sensibilité la déclinaison concrète de leurs politiques en faveur d’une « accessibilité universelle » dans le 13ème :


Jérôme COUMET – Conseil de Paris du 21 mai 2024 – Communication de la Maire de Paris relative à l’accessibilité et à la prise en compte des handicaps

Comme le rappelle Lamia EL AARAJE, la Stratégie handicap de la Ville rappelle l’objectif central de sa politique des mobilités : une ville mieux partagée et plus inclusive.


Lamia EL AARAJE – Conseil de Paris du 12 octobre 22

 

Au final, les deux mandats d’Anne HIDALGO auront marqué une évolution de fond, initiée dès 2001 : une « révolution des mobilités » signant la fin de l’adaptation de la ville à l’automobile voulue par Georges Pompidou.
La Seine a retrouvé ses promeneurs, ils ont remplacé les moteurs, la pollution de l’air a baissé de moitié depuis 2015 et les parisiens se sont appropriés de nouvelles mobilités douces.
Aujourd’hui les Maires de nombreuses villes internationales se penchent sur la transformation de Paris – avec des aléas et des difficultés, mais avec volontarisme – en une ville libérée de l’emprise abusive de la voiture.

 

 

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