
Paris a la singularité administrative d’être Ville et Département. A ce titre, elle est responsable des écoles maternelles, élémentaires et des collèges.
Au-delà de ces compétences réglementaires, la Ville mène également une politique de soutien à la vie étudiante.
Chaque année, la Rentrée des enfants et des étudiants est l’occasion d’un débat en Conseil de Paris permettant de dresser un état des lieux.
Un même constat a été fait chaque rentrée : l’Etat se désengage. Malgré la mobilisation de l’équipe municipale, les fermetures de classes, les suppressions de postes ont continué pendant la mandature,
Deux visions de l’école et de l’acte éducatif
Lors du dernier Conseil de Paris de la mandature, Patrick BLOCHE, premier Adjoint en charge de l’éducation, a alerté sur les conséquences de ces réductions annuelles de classes et de postes.
Les établissements concernés sont désorganisés au risque d’altérer les conditions éducatives.
Il est vrai que le nombre d’élèves baisse. Ce phénomène démographique est national.
En revanche, la fermeture de 198 classes en cette rentrée 2025 – 436 classes depuis la rentrée 2023 – est sans proportion commune avec cette tendance démographique.
« L’école publique à Paris est dans un danger immédiat »
Patrick BLOCHE – Conseil de Paris 11 février 2025
Patrick BLOCHE – Conseil de Paris 11 février 2025
Deux visions s’opposent : une vision comptable soucieuse de réduire les budgets de l’éducation ET l’ambition d’une amélioration de la qualité du service rendu aux enfants et aux familles.
Le 9 février 2024, en apprenant en séance du Conseil la nomination de la nouvelle Ministre de l’éducation nationale, Colombe BROSSEL a souhaité l’accueillir par un rappel des sujets parisiens à traiter.
« N’envisager l’éducation des petits parisiens et des petites parisiennes qu’avec une visée comptable est une stratégie délétère. Alors qu’il y a une opportunité. De réorganiser les classes, de réorganiser la pédagogie, de faire de la place à l’innovation »
Colombe BROSSEL – Conseil de Paris juillet 2025
Colombe BROSSEL – Conseil de Paris 9 février 2024
La lutte contre les inégalités sociales et scolaires, le principe de la gratuité à l’école – des fournitures et du matériel pédagogique – la qualité alimentaire des cantines et le programme pilote des enseignants d’arts plastiques, de musique et de sport dans chaque école primaire, recrutés et payés par la Ville… Autant d’actions municipales qui tranchent avec la réduction des moyens à marche forcée du Ministère.
La vérité des chiffres
Les élus du Groupe se sont mobilisés aux côtés des représentants des parents d’élèves et du personnel enseignant.
« 110 suppressions de poste pour un total national de 470, soit plus d’un quart. Alors que la baisse du nombre d’élèves parisiens ne représente que 3% de la baisse nationale.
Voilà la vérité des chiffres. De quoi les Parisiens sont-ils coupables pour être punis ainsi ? »
Rémi FÉRAUD – Conseil de Paris 11 février 2025
Ces chiffres attestent que la carte scolaire 2025 a été d’une grande injustice.
Ces tours de vis budgétaires dégradent les conditions d’accueil et l’attractivité du métier d’enseignant.
Ils installent une concurrence de plus en plus faussée avec l’enseignement privé.
Par un Vœu adopté par le Conseil de Paris le 11 avril 2025, le Groupe a interpellé le Gouvernement afin qu’il renonce aux suppressions de classes envisagées et qu’il s’engage dans une revalorisation des métiers de l’éducation.
Rémi FÉRAUD – Vœu Conseil de Paris 11 avril 2025
La défense de la décharge d’enseignement
Les directrices et directeurs d’école bénéficient à Paris d’une décharge d’enseignement à partir de 5 classes.
L’enjeu n’est pas corporatiste, cette décharge est un pilier éducatif : elle conditionne une véritable direction de projets, un réel encadrement de l’équipe éducative et l’établissement de liens avec les familles.
Son coût est intégralement assumé par la Ville.
Elle a pourtant été régulièrement contestée par l’Etat.
Par crainte de la contagion nationale d’une bonne pratique et de ses conséquences budgétaires ?
Le Ministère a refusé de renouveler la convention qui encadrait sa pratique et sa compensation financière par la Ville.
Dans sa lecture juridique, la Cour des Comptes l’a déclaré contraire au principe d’égalité.
Au nom du Groupe, Éric ALGRAIN a défendu cette exception parisienne contre l’alignement sur le moins-disant éducatif.
Ce faisant, Éric ALGRAIN a relayé en Conseil de Paris les mobilisations menées par les parents d’élèves, les personnels des écoles et les élus d’arrondissement de la majorité municipale :
Éric ALGRAIN – Conseil de Paris 17 décembre 2025
Cette mobilisation et la négociation portée par Patrick BLOCHE auprès du Ministère et du Rectorat ont permis d’emporter une première bataille : la décharge d’enseignement sera maintenue pour l’année scolaire 2026-2027.
Des actes et de la fermeté face aux violences faites aux enfants
« Des faits inacceptables, d’une gravité extrême ont eu lieu.
L’indignation ne suffit pas »
Anne HIDALGO – Conseil de Paris 9 janvier 2026
En 2025, 20 signalements ont été déposés au Parquet pour des actes de violence à caractère sexuel pendant les activités périscolaires.
Partageant la colère légitime des familles, Patrick BLOCHE a rappelé que la Ville a fait de la lutte contre les violences faites aux enfants une priorité.
Dès 2016, un contrôle systématique de probité des intervenants périscolaires a été instauré, via les fichiers judiciaires. Un contrôle qui a été renforcé en 2020 par un protocole signé avec l’Etat.
En 2021, la Ville s’est dotée d’un Plan parisien de lutte contre les violences faites aux enfants, décliné en 24 engagements concrets.
Les actions de formation et de sensibilisation sont menées.
« Aussi lorsque l’opposition propose des mesures que nous mettons déjà en place. Ce n’est pas seulement inutile. C’est avouons-le un peu malhonnête.
Cela laisse entendre que nous serions restés inactifs. C’est faux. Et insultant pour les agents mobilisés au quotidien. Mais nous devons aller plus loin »
Patrick BLOCHE – Conseil de Paris 8 octobre 2025
Patrick BLOCHE Conseil de Paris 8 octobre 2025
Ces récents signalements de violences faites aux enfants appellent des réponses fermes concertées avec l’Education nationale, la Préfecture de Police et le Parquet.
Elles ont été mises en place sans délai :
- Une 4e étape de contrôle des intervenants en milieu scolaire est désormais exigée,
- La formation des personnels est renforcée,
- Le repérage des violences est systématisé dans les bilans de santé,
- La communication avec les familles sera améliorée,
- Le protocole de traitement des signalements est modifié pour plus de réactivité et de fermeté.
Parallèlement, la fonction de Défenseur des enfants de la Ville de Paris est créée. Confiée à la compétence et à l’autorité morale de Dominique VERSINI, cette instance indépendante permet une saisine simplifiée et directe de toute situation par tout parent,
Ces mesures ont été engagées conformément à un Plan d’action contre les violences faites aux enfants adopté en Conseil de Paris.
Face au fléau des violences sexuelles faites aux enfants – qui n’est ni parisien, ni même national – les postures et l’opportunisme politiques sont indignes.
L’humilité, la responsabilité et les actes sont les seules réponses à apporter.
En s’adressant aux familles parisiennes, Patrick BLOCHE a présenté ce Plan d’actions :
Patrick BLOCHE Conseil de Paris 19 novembre 2025
Le maintien du périscolaire et des rythmes éducatifs parisiens
Ces signalements ne doivent pas être politiquement instrumentalisés pour discréditer les professionnels du périscolaire, ni les activités périscolaires en elles-mêmes. Ni pour tenter de revenir à la semaine de 4 jours.
Les écoles parisiennes ont les meilleurs résultats de l’Académie aux tests de CP et CE1. Ce résultat est un acquis de la semaine des 4 jours et demi.
Le maintien des activités périscolaires et leur professionnalisation sont également une attente des familles. Et notamment des familles monoparentales en forte croissance à Paris.
Le service public et gratuit du périscolaire est une réponse aux contraintes économiques et professionnels de la majorité des familles parisiennes.
Les actions d’éducation artistique et culturelle en temps scolaire et périscolaire doivent donc rester une priorité.
Le soutien à la vie étudiante
Une étude de l’’UNEF révélait en août 2023 que 20% des étudiants ne mangeaient pas à leur faim.
La rentrée 2024 a marqué une précarisation croissante des étudiants et des jeunes chercheurs.
En réponse la Ville a développé son aide : logements étudiants, lutte contre la précarité alimentaire, aide sanitaire…
Marie-Christine LEMARDELEY, Adjointe en charge de l’enseignement supérieur et de la vie étudiante porte cette politique de soutien à la vie étudiante.
Lors du débat sur la Rentrée 2025, Marie-Christine LEMARDELEY, constatant les reculs de l’Etat et de la Région, a présenté les actions municipales en cours :
Marie-Christine LEMARDELEY – Conseil de Paris 8 octobre 2025
L’année blanche de la Région sur le logement étudiant et la non revalorisation des Bourses par l’Etat ont rendu plus essentielles encore les aides de la Ville.
Le Groupe a alerté sur la précarisation croissante des étudiants, rentrée après rentrée, remerciant la Maire et Marie-Christine LEMARDELEY pour les soutiens mis en place.
Et notamment pour la lutte contre la précarité alimentaire menée en coordination avec Léa FILOCHE, Adjointe en charge des solidarités et Audrey PULVAR en charge de l’alimentation durable.
Des actions de distribution et un appel à projet doté de 400 000 euros d’aide aux associations et acteurs de terrain ont notamment été mis en place.
Au nom du Groupe, Emmanuel COBLENCE a rappelé l’urgence de cette aide alimentaire étudiante :
Emmanuel COBLENCE – Conseil de Paris 19 novembre 2025
