
Chaque année, lors du Conseil de Paris de décembre, un même rituel démocratique et réglementaire conclut l’année. Les Adjoint(e)s aux Finances et aux Ressources humaines dressent un état des lieux de la gestion municipale : situation financière, état de la dette, investissement, masse salariale, perspectives d’investissement et de recrutements… C’est le moment de vérité des comptes.
Cet exercice présentait un caractère tout particulier cette année, lors du Conseil de Paris de décembre 2025. Il s’agissait en effet de présenter les chiffres et les équilibres budgétaires au terme de la seconde mandature de Anne HIDALGO.
Les interventions de Paul SIMONDON, Adjoint aux Finances et de Olivia POLSKI, Adjointe aux Ressources humaines ont permis de dresser un bilan chiffré et argumenté de la gestion municipale.
Et de faire un sort, chiffres certifiés à l’appui, aux campagnes de dénigrement de l’opposition.
Un budget, ce sont des valeurs traduites en engagements financiers
« Dernier budget de la mandature… En 6 ans, notre ville a été incroyablement transformée. Cette temporalité marquera l’histoire de Paris par une transformation monumentale : la « révolution cyclable », la « révolution végétale », la rénovation des équipements, le programme massif de logements sociaux, le Plan Climat… »
Paul SIMONDON – Conseil de Paris 16 décembre 2025
Pendant 6 années, la Ville a fait le choix de l’investissement pour transformer Paris.
Elle a maintenu pendant la mandature un haut niveau de 1,6 milliard d’investissement annuel.
Dans sa présentation du Budget Primitif 2026, Paul SIMONDON a présenté les fondamentaux :
- Le budget général s’établit à 11,3 milliards ;
- Les dépenses de fonctionnement sont maîtrisées à + 1,5 %, soit le taux d’inflation ;
- Un excédent d’épargne brut de 800 millions a été constitué.
Concernant la dette – contenue en-deçà de 10 milliards – elle représente une durée de désendettement de 12,5 années.
Soit un niveau standard selon les analystes financiers.
Ce niveau d’endettement permet le maintien de la plus haute note d’évaluation par l’agence de notation MOODY’S.
Même lorsque la Ville subissait les turbulences des différentes crises qui ont émaillé le mandat, le choix a été fait de ne pas casser les dynamiques d’investissement et de transformation de Paris.
Paul SIMONDON – Conseil de Paris 16 décembre 2025
Les analystes indépendants contre l’opposition
Il est évidemment légitime pour une opposition d’envisager d’autres trajectoires financières, des options alternatives concernant les services publics, le logement, l’écologie…
La diffusion de contre-vérités est une autre démarche.
Force est de constater qu’une campagne a été orchestrée évoquant une possible dégradation de la note de la Ville, « une mise sous tutelle » et « un budget insincère ».
Rien de tout cela ne s’est produit. De fait, l’insincérité était ailleurs…
Déjà en 2022, la Chambre Régionale des Comptes confirmait au sortir de la crise sanitaire COVID, que les équilibres des finances municipales étaient sains.
Lors de la présentation de son Rapport, Rémi FÉRAUD prenait acte de ses conclusions et rappelait l’opposition à plus d’honnêteté :
« A l’heure où les fausses nouvelles sont légion, à l’heure où les tentatives d’instrumentalisations politiques de la situation financière de Paris sont monnaie courante, le Rapport de la Chambre Régionale des Comptes permet de rétablir la vérité et de remettre un peu de rationalité et de sincérité dans nos débats »
Rémi FÉRAUD – Conseil de Paris 10 février 2022
Rémi FÉRAUD – CP février 2022 – Rapport de la Chambre Régionale des Comptes
Un « effet de ciseau » conjoncturel
La réalité, assumée en clarté devant les Parisiens, est que les recettes ont marqué une baisse importante mais conjoncturelle pendant deux exercices.
Paul SIMONDON a détaillé les contraintes budgétaires auxquelles la Ville a fait face pendant la mandature.
Le premier facteur est le désengagement de l’Etat avec la suppression – non-compensée – de la taxe d’Habitation et l’évolution de la Dotation Globale de Fonctionnement ramenée à zéro.
Le phénomène touche toutes les collectivités françaises : l’Etat transfère sa dette sur elles pour faire des économies.
Valérie PÉCRESSE, elle-même évoque » une saignée « , empêchant la Région de tenir ses engagements.
Puis, il y a évidemment eu des crises exogènes qui ont affecté toutes les collectivités :
- La pandémie chiffrée à 800 Millions d’euros de perte pour la Ville par la Chambre Régionale de Comptes ;
- La crise de l’énergie consécutive à l’invasion de l’Ukraine ;
- La crise du marché immobilier, une réalité nationale, avec un effondrement des mutations entre 2022 et 2024.
Le volontarisme pour sortir des difficultés
En responsabilité, la Ville a maintenu son cap.
La réalité est qu’elle a emprunté au bon moment – le moment des taux les plus faibles.
2025 est une bonne année : les recettes augmentent plus vite que les dépenses .
Elle est la première année après la réussite incontestée des JOP, qui ont relancé l’attractivité de Paris.
Comme le souligne Rémi FÉRAUD, en cette fin de mandature, la Ville garde sa capacité d’investissement.
Ses équilibres budgétaires préservent l’avenir et la poursuite du projet politique, social et écologique de la majorité.
Rémi FÉRAUD – Conseil de Paris 16 décembre 2025
Des finances saines qui s’apprécient en miroir du budget de l’Etat…
« Nous sommes là, solides, avec des fondamentaux beaucoup plus sains que l’État dont vous avez la responsabilité »
Rémi FÉRAUD – Conseil de Paris 16 décembre 2025
Au terme de cette mandature, les organismes de contrôle, les agences de notations et les comptes certifiés l’attestent : la Ville a été financièrement bien gérée.
Il n’en va pas de même de l’Etat, qui dans cette même période a doublé son déficit, se défausse de sa mauvaise gestion sur les collectivités et se trouve même dans l’incapacité de faire adopter son budget.
La solidité du tissu économique parisien
Les bons chiffres de ce dernier budget de la mandature sont dus à la solidité du tissu économique parisien : l’attractivité de Paris sort renforcée des Jeux.
L’économie plurielle soutenue par la Ville – commerces de proximité, économie de l’innovation, place financière verte … – porte ses fruits.
Cette solidité des fondations de l’économie parisienne s’était révélée au sortir du COVID.
Lors d’une Communication de la Maire de Paris sur l’attractivité de Paris, Jean-François MARTINS signalait que le rebond de Paris était plus rapide que les autres villes françaises, preuve de sa force :
Jean-François MARTINS – Conseil de Paris 17 novembre 2021
Pour favoriser ce rebond, la Ville s’est mobilisée pour accompagner les entreprises et l’emploi.
Exonérations de taxes, prêts à taux zéro, aides à la reprise d’activité, formations, Fonds d’aide sectoriel pour le tourisme et pour la culture…
Un plan massif a été élaboré sous la conduite de Afaf GABELOTAUD, Adjointe à la Maire de Paris en charge des entreprises, de l’emploi et du développement économique.
Un premier programme d’aides aux entreprises a été déployé en 2020, complété par un volet « emploi ». Au total, 500 Millions ont été engagés en soutien aux entreprises et à l’activité économique pendant la mandature.
Lors du débat relatif au « Plan boost emploi » – formations, professionnalisation, dispositifs d’insertion – Afaf GABELOTAUD a présenté un bilan des différents dispositifs d’aide :
Afaf Gabelotaud – Conseil de Paris 18 novembre 2020
Les valeurs du service public
Après Paul SIMONDON, il revenait donc à Olivia POLSKI, en sa responsabilité d’Adjointe aux ressources humaines, de compléter l’état des lieux de la gestion municipale.
Là encore, les fondamentaux sont sains : la masse salariale est maîtrisée, les services publics de proximité sont confortés dans les créations de postes et la résorption de la précarité se poursuit.
Dans son intervention, Olivia POLSKI a eu à cœur de dénoncer le fonctionnaire bashing de l’opposition.
Les procès en « suradministration » sont notamment démagogiques : les créations d’emplois envisagées concernent les postes opérationnels au sein des effectifs.
Olivia POLSKI a rappelé que la fonction publique municipale est avant tout constituée d’équipes de proximité garantissant la qualité du service public : les agents de propreté, les policiers municipaux, les personnels des crèches, des écoles et des Ehpad…
« Vous avez décidé de faire vôtre cette phrase de Francis Bacon : « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Vous avez eu tort. »
Olivia POLSKI – Conseil de Paris 16 décembre 2025
Olivia POLSKI – CP 16 décembre 2025
Olivia POLSKI a rendu hommage aux agents de la Ville pour leur investissement lors des multiples crises qui ont traversé la mandature et leur engagement dans la réussite exceptionnelle des JOP.
Les campagnes de dénigrement de la gestion municipale alimentée par l’opposition de droite et du centre se sont percutées contre la réalité têtue des chiffres.
En tant que Président du groupe, Rémi FERAUD a pointé l’insincérité de cette opposition de posture :
Rémi FÉRAUD – Conseil de Paris 19 novembre 2025 – Niche du MODEM
« On ne peut pas le mardi – en débat d’orientation budgétaire – dire qu’il est vital de s’attaquer à la masse salariale, et le mercredi, c’est-à-dire aujourd’hui, dire je cite, que « les moyens ne sont pas mis et que le service public dysfonctionne ».
Un peu de cohérence, un peu d’honnêteté, un peu de dignité. »
Rémi FÉRAUD – Conseil de Paris 19 novembre 2025 – Niche du MODEM
