Question d’Actualité du Conseil de Paris d’octobre 2020

Question d’Actualité du Conseil de Paris d’octobre 2020

Situation de l’hôpital public

Paris se situe désormais en zone écarlate. Depuis la fin du mois de juillet, ce risque avait été annoncé par le Conseil scientifique, qui identifiait la capitale comme une zone particulièrement sensible. Depuis, le Gouvernement répète à l’envi son fameux triptyque comme sa stratégie : « Tester, tracer, isoler ». En attendant, les Parisiennes et les Parisiens patientent parfois plus de 10 jours pour obtenir les résultats de tests qu’ils peuvent surtout réaliser grâce à l’engagement de la Ville de Paris et des laboratoires privés. Situation inquiétante alors que la période de vaccination antigrippale va débuter.

En attendant, aucune politique d’identification de la genèse des « clusters » n’a été mise en place et nous devons nous contenter d’agir sur les lieux où la déclaration d’absence est obligatoire, comme le milieu professionnel ou universitaire, pour les repérer. En Allemagne, les clients des lieux fréquentés doivent laisser leurs coordonnées, permettant ainsi de remonter jusqu’aux cas contaminants et, en parallèle, d’objectiver les lieux et trajectoires de contamination. En attendant, la méthode d’écoute et de négociation avec les professionnels, voulue par la Maire de Paris pour améliorer les protocoles sanitaires, a permis de limiter les fermetures sèches, et elle mériterait d’être appliquée à d’autres secteurs d’activité.

En attendant, Madame la Maire, mes chers collègues, nous entendons chaque soir des chiffres d’hospitalisation et d’admission en réanimation présentés comme critiques, car ils atteignent le nombre maximal de lits disponibles. Si cela était compréhensible au début de l’épidémie, c’est un état de fait qui ne l’est plus, plus de six mois après. Va-t-on devoir de nouveau déprogrammer les soins médicaux de nos proches ? Va-t-on devoir entendre des responsables d’établissements privés demander à être réquisitionnés pour augmenter le nombre de lits ? Va-t-on devoir constater l’épuisement d’une profession tout entière qui ne saurait se contenter des applaudissements de la population ? Le Gouvernement va-t-il aussi nous asséner de nouveau qu’il n’y a pas assez de masques et de surblouses ?

Un Ségur de la santé a été provoqué. Les résultats sur le terrain ne sont pas satisfaisants. Les personnels de santé appellent d’ailleurs à la grève le 15 octobre prochain. En Italie, ce sont plus de 20.000 personnes qui ont été recrutées pour faire face à la maladie. Alors que la pandémie progresse et que les hôpitaux sont de plus en plus sollicités, nous souhaiterions attirer l’attention de l’Etat sur la mobilisation massive et structurelle nécessaire en faveur de l’hôpital public, et connaître l’implication de la Ville de Paris dans ce domaine.

Je vous remercie.

 

 

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