Avis citoyen de la Conférence citoyenne sur l’alimentation et l’agriculture durables

Avis citoyen de la Conférence citoyenne sur l’alimentation et l’agriculture durables

Photo : ©Émilie Chaix / Ville de Paris

 

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Dans le cadre de la politique volontaire, pionnière et ambitieuse de la Ville entreprise par la Maire de Paris, Anne Hidalgo a voulu depuis 2018 que Paris se dote de son propre circuit d’alimentation durable et solidaire. Le 100% alimentation durable, c’est notre horizon à 2026 et cela nécessite aussi bien une mobilisation des pouvoirs publics qu’un engagement des citoyen-nes. Nous savons dans cette assemblée d’élu-es que la transformation écologique ne se fera que tous ensemble. C’est dans cette perspective que Les Etats Généraux de l’Agriculture et l’Alimentation Durables se tiennent – depuis le mois de mai et ce jusqu’à l’automne – pour fédérer tous les acteurs de l’écosystème en vue de la création du dispositif innovant : AgriParis. Pour mener à bien cette réflexion et sensibiliser un maximum de citoyen-nes, une conférence s’est montée pour faire émerger un Avis Citoyen rendu public aujourd’hui, grâce au travail de la délégation pilotée par Audrey Pulvar, ajointe à la Maire de Paris en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts.

Précisément, la question a été posée à un panel de 100 personnes, en quasi parité 47 hommes pour 53 femmes et, si la moitié vit à Paris, tous et toutes sont Franciliennes. Une répartition par âge et catégorie socio-professionnelle pour répondre à une question existentielle :

  • « Bien manger en 2021, ça veut dire quoi ? »

Convaincus par ce sujet universel, tou-tes ces bénévoles ont œuvré sereinement et collectivement pour délivrer une trentaine de propositions visées par un comité de garants, principalement composé de chercheurs agronomes indépendants. Une leçon de Démocratie Participative pour réfléchir autour de 4 thématiques : manger à sa faim, s’approvisionner à côté de chez soi, manger ce qui est bon pour la santé et enfin, consommer et produire en protégeant l’environnement.

Pour les panélistes, « bien manger » c’est bon pour la santé, bon pour la santé donc pour l’environnement. C’est aussi manger « à sa faim » avec une réalité sociale et conviviale forte et, c’est choisir : Choisir, ce que l’on mange et comment on le mange, pour se faire plaisir !

A la lecture et en analysant ces items, c’est bien de politique de la Ville dont s’il s’agit et nous – Maires d’Arrondissements – sommes au diapason des citoyens qui s’expriment ici.

Si notre objectif est bien de développer un système alimentaire inclusif, résilient, sûr et diversifié, il nous faut poursuivre nos efforts en proposant des produits de préférence cultivés localement, sains et, accessibles au plus grand nombre tout en réduisant au maximum le gaspillage et en préservant l’environnement.

Des critères sélectifs exigeants où le local joue un rôle essentiel dans ces boucles vertueuses socio-économique et culturelles, où tous les acteurs sont et doivent être impliqués : du consomm’acteur à l’industriel, de la production à la distribution, la chaîne doit refléter ce choix de société qui nous paraît aujourd’hui, évident !

Plusieurs leviers sont à mettre en place, nous devons mieux informer et être informé, éduquer les jeunes générations en impliquant les écoles de nos quartiers, sensibiliser toutes les générations à la force des circuits-courts ; cela passe par de nouveaux étiquetages mais également par de nouveaux réseaux de distributions (comme les AMAP ou les épiceries solidaires telle que La Louve), favoriser et amplifier l’accès à l’alimentation durable grâce à des potagers partagés, améliorer la restauration collective (aussi bien dans les cantines scolaires, les EHPAD que pour les acteurs privés), lutter contre la précarité alimentaire pour que chacun-e puisse manger à sa faim… Faut-il rappeler ici les files d’attentes trop longues des étudiants plongés dans la précarité pendant la pandémie et le triste anniversaire des Restau du Cœur qui survivent grâce à la solidarité exemplaire de tous depuis 35 hivers. La Ville a pu, grâce à son action depuis 3 ans, réagir et répondre à des demandes d’aide alimentaire pour des familles démunies dès le 1er confinement, en s’appuyant sur un réseau de production alimentaire structuré en circuit-court qui a permis une adaptabilité et réactivité inédite pour pallier le 1er des besoins qui est de « se nourrir » pour un grand nombre de parisien-nes. La distribution de paniers essentiels à 20 euros en Mairie, l’ouverture d’une douzaine de restaurants solidaires Emeraude où parfois +1000 repas sont servis chaque soir, autant de services et d’offres sociales recensés sur le portail Paris Espace Partagé & Solidaire qu’il faut soutenir et valoriser.

Une prise de conscience, une urgence qui doit mobiliser chacun d’entres nous : collectivités territoriales, bénévoles engagée-es, élu-es, producteurs et consommateurs dans un souci de résultat et surtout, de transformation grâce à des solutions transparentes co-construites et co-gérées.

Les outils de la Ville vont pouvoir déployer un certain nombre de relais en communication via le site paris.fr, une campagne d’affichage pourrait valoriser et promouvoir le mois d’ Alimentation Durable, des challenges se monter au sein des écoles, collèges ou lycées en collaboration avec les éco-délégué-es. Au cœur de nos quartiers le maillage territorial s’est emparé spontanément de ces sujets sociétaux et ce sont d’ailleurs de nombreuses associations que nous soutenons à la Ville, mois après mois au Conseil de Paris, pour renforcer avec dynamisme ces démarches participatives et inclusives.

Dans mon arrondissement – le 11e – cette ambition a déjà trouvé des applications très concrètes. Ainsi, depuis 2017, la Caisse des écoles du 11e s’approvisionne par exemple en légumineuses, notamment en lentilles, auprès d’agriculteurs de la Vallée de la Vanne dans l’Yonne travaillant au-dessus des aires de captages d’Eau de Paris qui les accompagne d’ailleurs dans leur conversion à l’agriculture biologique pour réduire les coûts de traitement de l’eau. Depuis deux ans, ce partenariat monte en puissance et les agriculteurs de la Coopérative des Terres du Pays d’Othe fournissent désormais la Caisse des écoles en pois-chiches, huiles et pâtes dont le succès n’est plus à démontrer dans les cantines du 11e. Nous créons ainsi un cercle vertueux et bénéfique à chacun, des agriculteurs qui trouvent des débouchés à leurs produits  jusqu’aux écoliers qui profitent de plats de qualité, en passant par les parisiennes et parisiens dont la qualité de leur eau potable s’en trouve encore améliorée.

Bien sûr nous ne nous arrêtons pas là. Dans le 11e arrondissement nous allons dès septembre prochain travailler à l’expérimentation d’un quartier pilote d’alimentation durable (QPAD). Une fois de plus, nous nous positionnons à une échelle supra-locale, sur un périmètre de 2km2 situé entre les stations Père Lachaise et Colonel Fabien. Evidemment, ce projet s’inscrit dans le temps, sur 5 ans, et embarque toute une chaine d’acteurs soudés allant des restaurants aux commerces de bouche en passant par l’aide alimentaire ou la restauration collective…

Nous sommes pionniers en bâtissant ce nouveau projet solidaire et alimentaire qui favorise les synergies entre celles et ceux qui mangent, cuisinent et produisent. De nouvelles communautés émergent, comme celle d’Ecotable, et nous devons les accompagner et participer à cet élan urbain dont les francilien-es sont demandeurs. C’est le sens de cet avis citoyen qui nous invite à réfléchir aux nouvelles mutations urbaines en intégrant la Ville du Quart d’Heure, plus que jamais solide sur ses deux piliers fondateurs : la proximité et la durabilité.

 

 

François Vauglin, Maire du 11e arrondissement

 

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