Rapport de la Mission d’Information et d’Évaluation sur la Seine.

Rapport de la Mission d’Information et d’Évaluation sur la Seine.

Photo : ©Guillaume Bontemps / Ville de Paris

Rapporteur : Thomas CHEVANDIER

Président : Grégory CANAL
Autres membres de la Mission : Maya AKKARI, Jean-Noël AQUA, Vincent BALADI, Véronique BALDINI, Jérôme COUMET, Séverine DE COMPREIGNAC, Corine FAUGERON, Catherine IBLED, Jean LAUSSUCQ, Nathalie MAQUOI, Aminata NIAKATE, Béatrice PATRIE, Ariel WEIL
Membres suppléants : François-Marie DIDIER, Carine PETIT, Chloé SAGASPE, Hanna SEBBAH, Delphine TERLIZZI

Télécharger le rapport complet de la MIE sur la Seine

 

Synthèse du rapport de la Mission d’Évaluation et d’Information :

 

« La Seine »

La Mission d’Information et d’Evaluation (MIE) de la Seine a adopté son rapport unanimement le 19 mai dernier. Son objectif était de « dresser un état des lieux des usages de la Seine et des projets en cours » concernant notamment les activités portuaires et usages industriels, les projets d’aménagement urbains et d’occupation du domaine public ou encore la pollution des eaux, le retour de la biodiversité et la baignabilité. Plus d’une soixantaine d’acteurs du fleuve ont été auditionnés : des riverains aux collectivités avoisinantes, en passant par des professionnels qui y travaillent ou l’utilisent (industriels, logistique ou tourisme), les associations et les autorités qui le régissent. Les membres de la MIE ont défendu une vision de la Seine comme étant un espace partagé où les usages se diversifient au bénéfice des Parisiennes et des Parisiens et où les activités économiques, dont la logistique fluviale comme alternative écologique à la route, se développent. Cela, en protégeant mieux le fleuve et en favorisant l’épanouissement de sa biodiversité. C’est cet équilibre qui structure le rapport, en quatre parties :

  • La Seine un fleuve de proximité

La Seine a joué un rôle central dans le développement de la ville de Paris. Il est tout à la fois lié à son histoire, et en constitue son identité. Toutefois les Parisiennes et les Parisiens s’en sont éloignés. Un mouvement de réappropriation du fleuve par les Parisiens et les Parisiennes, son intégration dans la ville est à l’œuvre depuis deux décennies.  Des outils réglementaires tels que le PLU ou le cahier des prescriptions architecturales et paysagères permettent à la Ville d’amplifier ce mouvement. Mouvement qui se traduit notamment par l’objectif d’une continuité piétonne et cyclable le long des berges, mais surtout qui doit envisager une mixité des usages du fleuve (des activités industrielles aux activités culturelles en passant par des activités ludiques ou sportives, dont la baignabilité) à la fois de ses abords et de son chenal.  Les Jeux Olympiques 2024 constituent à cet égard un accélérateur.

  • La Seine, objet institutionnel complexe

De nombreux acteurs ont compétence pour intervenir sur le fleuve, ce qui tend à complexifier la gouvernance de la Seine. La pertinence et par-là l’efficacité de cette répartition a été interrogée, au moment-même où a été opéré une fusion des ports de l’Axe Seine.  La MIE s’est également concentrée sur la problématique relative à  l’occupation des berges : la plupart étant gérées par HAROPA, les collectivités concernées sont écartées du processus de décision et n’ont pas voix au chapitre quant à la définition de l’occupation de telle ou telle berge.

  • La Seine, révélateur de l’urgence écologique

La Seine, en tout cas sur le bief parisien, témoigne des enjeux écologiques : par exemple, la biodiversité avait pratiquement disparu à la fin du 20ème siècle. Malgré  le soin croissant dont elle fait l’objet de la part des acteurs divers, notamment de la Ville de Paris, le fleuve est parfois encore victime de pollutions et des effets néfastes de certaines activités humaines. Ainsi,  si certaines améliorations peuvent être apportées en matière de prévention des crues, notamment sur la coordination, le sujet apparaît correctement traité. A l’inverse, la prévention des risques liés aux sécheresses est encore marginale. Par ailleurs, la qualité des eaux de la Seine, qui constitue le baromètre de l’état de protection d’un fleuve, n’a probablement jamais été aussi propre depuis l’avènement de l’ère industrielle. La Seine est aujourd’hui baignable et le sera davantage en 2024. Cependant,  en période de fortes pluies, les réseaux d’assainissement sont saturés et provoquent des déversements d’eaux usées dans le fleuve.

  • La Seine, outil efficace de la transition écologique

Le développement de la logistique fluviale et la préservation des activités industrielles le long de la Seine ne sont pas à opposer à l’objectif de préservation de l’environnement. Dès lors qu’ils  permettent de répondre aux besoins des habitants et qu’ils sont envisagés de manière durable.  Par exemple, le fleuve est une alternative essentielle à la route. Le développement des filières biosourcées telle que la filière bois doit s’appuyer sur la logistique fluviale. En parallèle, et à termes, l’objectif est de créer une flotte 0 carbone, soit intégralement propulsée au moyen d’énergies propres.

Finalement, les membres de la MIE ont adopté quarante préconisations qui visent notamment à limiter les activités industrielles en bord de Seine au nécessaire pour la vie de la ville, à garantir une continuité piétonne et cyclable sur l’intégralité des berges de Seine, à protéger le fleuve, à garantir sa baignabilité ou encore à fermer à titre expérimental certains bras du fleuve à la navigation.

 


 

Thomas Chevandier, Conseiller de Paris et du 20e arrondissement – Rapporteur de la MIE Seine

 

Maya Akkari, Conseillère de Paris et du 18e arrondissement

 

Ariel Weil, Maire de Paris Centre

 

Florian Sitbon, Conseiller de Paris et du 15e arrondissement

 



 

 

Laisser un commentaire