Question d’Actualité du Conseil de Paris de Juin 2021
Jardin d'Éole - © Thierry Guillaume / Ville de Paris

Question d’Actualité du Conseil de Paris de Juin 2021

Scènes de crack à Stalingrad et au Jardin Éole, et présence d’un campement au square Villemin

Personne n’a envie de vivre au milieu d’une scène de crack, où plusieurs centaines de trafiquants et de consommateurs prennent possession de l’espace public, jour et nuit, et imposent aux riverains une cohabitation impossible avec le deal décomplexé, la consommation effrénée, la détresse physique et psychique des crackers, jusque devant les écoles de la République, les intrusions dans les immeubles et les parkings, la mendicité agressive dans la rue, aux  terrasses ou dans le métro, l’insalubrité… Cette pression et cette tension permanentes, c’est pourtant le quotidien des riverains, tout autour de Stalingrad et du jardin d’Éole, dans les 10e, 18e et 19e arrondissements…

Non, personne ne peut vivre ça, et encore moins élever ses enfants dans cette ambiance toxique. Les habitants des quartiers populaires pas plus que les autres, même s’ils font preuve d’une dignité et d’une humanité remarquables dans cette épreuve. Imagine-t-on les Invalides, la place Beauvau ou la Place Louis Lépine asphyxiées par le crack ?

Les réseaux sociaux et les médias ont largement relayé, ces dernières semaines, les alertes que, nous élus de ces quartiers, avons lancées depuis bien longtemps. L’urgence n’a pas attendu les campagnes électorales pour s’imposer à nous, et nous serons là sur le terrain et dans l’action, bien après les échéances électorales.

Il serait injuste de dire que rien n’est fait, et le Plan de mobilisation contre le crack, signé en 2019 sous la responsabilité de la PRIF, a installé une culture du partenariat  avec des  résultats certains : je pense notamment aux 400 hébergements accompagnés, aux maraudes de médiation et de réduction des risques… Mais reconnaissons que  l’objectif est loin d’être atteint  puisque la situation s’aggrave sous nos yeux.

Monsieur le Préfet de Police, vous avez pris une mesure d’ordre public en organisant le déplacement de la scène de Stalingrad.  Deux ans après  la colline de la Chapelle, pour éviter une nouvelle dispersion incontrôlée, il a fallu, en urgence, identifier un lieu de repli, à Éole, après la fermeture au public. La Ville, par la voix d’Emmanuel Grégoire, a posé publiquement ses conditions : sécurité des riverains, salubrité du quartier et accompagnement médico-social des toxicomanes. Il est vital que ces conditions soient effectives.

Pour en arriver à de tels expédients, reconnaissons qu’il y a – comme le pointait récemment la Maire de Paris – plusieurs angles mort dans les politiques publiques face à la toxicomanie.

Je présenterai demain un vœu relatif à la mise en place d’un réseau métropolitain de lieux de soin et d’accueil jour/nuit pour que les usagers de crack sortent de la rue.

Monsieur le Préfet de Police, au moment de conclure, je ne veux pas vous cacher notre grande inquiétude ni notre volonté d’en sortir, car ni Éole ni Stalingrad ni aucun autre quartier du nord-est parisien ne pourront rester plus longtemps la zone franche du crack en France :

  • Le tarissement du trafic est une condition nécessaire à l’efficacité des dispositifs médico-sociaux. Comment engager des processus de sortie d’addiction quand il est si facile d’acheter du crack en plein Paris? Pouvez-vous nous communiquer le bilan  des interpellations et déferrements réalisés et leur évolution entre 2020 et 2021 ? Quelles sont les missions opérationnelles confiées aux CRS stationnés aux abords de Stalingrad en renfort des effectifs de police et de quelle façon sont-ils intégrés au dispositif d’ensemble ? comment s’articule ce dispositif d’ensemble avec le travail de la brigade des Stups s’agissant d’une scène nationale de crack ;
  • Une mesure d’urgence doit rester une mesure provisoire. Quand les familles retrouveront-elles l’accès en toute quiétude au jardin d’Éole ? Car ce parc familial de quartier, qu’élus et habitants ont gagné, nous voulons le reconquérir.
  • L’urgence s’ajoute parfois à l’urgence : à quelques encablures de Stalingrad, 300 migrants ont passé les dernières nuits au square Villemin. Nous demandons une mise à l’abri rapide pour ne pas laisser s’installer un nouveau campement de grande ampleur

 

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